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Antibiotiques
 
 
On entend souvent dire "tel antibiotique agit sur les salmonelles" ou "tel autre sur le colibacille" et ces affirmations ont quelque chose d'absolue qui est très éloigné de la réalité.
Quand on dit qu'un produit agit sur tel microbe, cela veut dire seulement qu'il agit sur ce microbe dans la grande majorité des cas et pas du tout "toujours".
On parle "du" colibacille comme s'il n'en existait qu'un seul, alors qu'il en existe des milliers de types. Mais, bien plus, même si l'on prend un de ces types retrouvé chez divers malades, on se rend compte que le comportement de différentes souches n'est pas le même, certaines sont sensibles à un antibiotique donné, d'autres sont résistantes et pourtant du point de vue bactériologique il s'agit du même microbe.
Il est donc facile de comprendre qu'un traitement ne peut être garanti à 100%. Si l'on veut savoir, à coup sûr, quels sont les antibiotiques efficaces, la seule solution est l'antibiogramme, examen par lequel on essaie divers antibiotiques sur une souche donnée d'un germe pathogène. L'antibiogramme est donc la planche de salut la plus sûre quand un traitement, efficace en générale, s'avère en échec dans un cas particulier.
 
Les difficultés de l'antibiogramme :
L'antibiogramme en lui même est un examen bien au point et pratiqué de façon courante.
Les difficultés ne viennent pas de lui, mais de l'isolement du germe pathogène à partir de l'oiseau. En effet, dans le cas qui nous intéresse, on isole un germe banal et sur des cadavres en mauvais état de conservation on n'est jamais certain que le microbe isolé soit celui qui est à l'origine du problème.
Ce serait plus facile avec un microbe spécifique comme une salmonelle car si on l'isole on peut être certain à 99% que c'est bien la cause de la maladie.
C'est pourquoi, pour faire un antibiogramme efficace, nous conseillons toujours aux éleveurs de porter eux-mêmes un ou deux oisillons encore vivants au laboratoire le plus proche. C'est une condition essentielle pour que le résultat de l'antibiogramme soit valable et profitable.
 
Les antibiotiques que d’erreurs sont répandues en leur nom !
Les antibiotiques sont des produits généralement d'origine biologique provenant de certains champignons ou bactéries qui, au cours de leur développement, produisent des substances. La production de substances diverses dans ces conditions est connue depuis longtemps, mais on s'était, jusqu'à la découverte des antibiotiques, surtout préoccupé des substances toxiques qui expliquaient la gravité de certaines maladies comme le tétanos, la diphtérie, le botulisme et qui, en raison de leur haute toxicité, avaient été dénommées "Toxiques".
Plus récemment, on a découvert que certains champignons microscopiques (moisissures) pouvait, eux aussi, produire des toxines en se développant dans les aliments destinés aux animaux; on les a dénommés mycotoxines.
En fait, sur le plan de la production par les champignons ou les microbes, rien ne différencie une toxine d'un antibiotique. La différence n'existe que sur le plan de la toxicité pour les animaux supérieurs et l'antibiotique n'est en somme qu'une toxine non toxique pour eux mais capable par contre d'arrêter le développement ou de tuer certains microbes causant des maladies de ces mêmes animaux.
 
Il est donc possible de donner les définitions suivantes :
Toxine : substance produite par un microorganisme au cours de son développement et capable d'exercer une action toxique souvent très violente (la toxine botulinique est le poison le plus violent qui soit connu) chez l'animal chez lequel ce microbe se développe ou chez l'animal qui l'a ingéré.
Antibiotique : substance produite par un microorganisme au cours de son développement, capable de tuer ou d'arrêter le développement de microorganismes pathogènes et qui, aux doses normales, ne présente pas de toxicité.
Ces deux conditions ne sont pas toujours remplies et, à coté des antibiotiques découverts et utilisés en thérapeutique on a, au cours des recherches incessantes, trouvé de nombreux produits ayant de remarquables propriétés "antibiotiques" (ce qui signifie "capable de s'opposer aux phénomènes vitaux"), mais trop toxiques pour pouvoir être utilisés, en quelques sortes des "toxines antibiotiques", sans compter avec les innombrables produits qui ne sont ni toxiques ni antibiotiques et dont on ne parle pas.
Ce serait une erreur de croire que les microbes et les moisissures qui se sont développés dans de nombreux aliments de consommation courante, comme les fromages en particulier, n'ont rien produit. Simplement, ils n'ont produit que des substances non toxiques.
 
La diversité des antibiotiques :
La liste des antibiotiques utilisés en médecine (humaine ou vétérinaire) est déjà longue.
Chacun d'eux ou chaque groupe de ces antibiotiques, possède une action antimicrobienne déterminée, sur certains germes pathogènes.
Il existe des antibiotiques qui ont une action sur une grande variété de microbes, ils sont dits "à large spectre", d'autres n'agissent que sur des groupes microbiens plus étroits.
Cela suppose donc de grandes différences entre les divers antibiotiques sur le plan de leur constitution chimique et de leur comportement dans l'organisme du malade qui les absorbe.
Par exemple, certains absorbés par la bouche restent dans le tube digestif et sont rejetés sans être passés dans le sang. C'est le cas de la néomycine qui, utilisée en injection, serait très toxique, cette propriété permet de l'employer sans danger dans les infections intestinales.
Un antibiotique du même groupe la colistine reste aussi dans l'intestin mais peut être employée en injection car non toxique aux doses utiles, de même la streptomycine, bien que sa toxicité soit plus marquée.
Il faut donc bien comprendre que sur le plan des inconvénients, pas plus que sur celui des avantages ou de l'utilisation, on ne peut généraliser et parler globalement des antibiotiques.
C'est pourquoi la formule, si répandue chez les éleveurs d'oiseaux, selon laquelle "les antibiotiques brûlent l'appareil reproducteur" est une erreur totale. Même si un antibiotique, ou groupe d'antibiotiques, avaient cette propriété (ce qui n'est jamais le cas), il n'y aurait aucune raison de généraliser, étant données les différences totales qui existent entre tous les antibiotiques.
C'est comme si l'on disait l'amanite phalloïde est un champignon mortel, donc tous les champignons sont mortels, ou encore, le datura et la belladone sont des plantes toxiques de la famille des solanées, donc je ne mange ni aubergines, ni tomates, ni pomme de terre, de peur de m'empoisonner.